France Culture

Afrique : Le grand défi sécuritaire

De Djibouti à Nouakchott : l’influence des puissances étrangères

Les puissances étrangères participent largement de la formation et de la transformation des armées africaines subsahariennes. Comment se déroule cette assistance militaire et sécuritaire ? Quels intérêts motivent ces opérations ?

Alors que se poursuit, aujourd’hui, à Dakar, le forum international sur la Paix et Sécurité en Afrique, où sont attendus une dizaine de chefs d’Etat et de gouvernement, nous poursuivons notre semaine consacrée aux grands enjeux sécuritaires de l’Afrique. Après avoir évoqué la place des armées nationales dans le pouvoir politique, nous parlons ce matin du rôle des puissances étrangères sur la sécurité du Continent.

L’armée française est très présente en afrique : Mali avec l’opération Serval, la Centrafrique avec Sangaris ou encore le Tchad, avec ce discours de François Hollande, en juillet 2014, sur la base aérienne Kossei, à N’djamena, qui devenait alors le quartier général de l’opération Barkane, une opération qui a remplacé les opérations Serval et Epervier et qui a permis d’organiser la lutte contre les groupes armés djihadistes dans toute la région du Sahel.

Au lendemain des indépendances, la France avait prolongé ses liens avec ses anciennes colonies, mettant ainsi en place des politiques de coopération diverses dont le volet militaire était un pilier central. Depuis plus d’un demi-siècle maintenant, les opérations se sont enchaînées, tantôt pour assurer la survie de régime défendant ses intérêts, tantôt pour en éliminer d’autres.

Si cette politique d’intervention a connu des crises, notamment dans les années 1990, et bien qu’on nous avait annoncé « la fin de la Françafrique ». En visite à Dakar au Sénégal, François Hollande avait déclaré : « Le temps de la Françafrique est révolu : il y a la France, il y a l’Afrique, il y a le partenariat entre la France et l’Afrique, avec des relations fondées sur le respect, la clarté et la solidarité », avait expliqué le chef de l’Etat. Force est pourtant de constater que la présence militaire française en Afrique a rarement été si importante.

De Djibouti à la Cote d’ivoire en passant par la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad, le Cameroun, la Centrafrique, les points d’appui de la force militaire française sont extrêmement nombreux. Faut-il parler d’un retour de la « France en Afrique » ? Quelles sont ses motivations ? Et comment participe-t-elle de l’objectif de sécurité ?

Les militaires français ne sont pas les seuls à être présents en Afrique, d’autres commencent à s’y intéresser, les Américains mais aussi Chinois, ou même Japonais, Russes, Allemands. Nous parlerons notamment des USA qui, ces dernières années, ont beaucoup accru leur présence.

Quels sont leurs motivations ? Leurs moyens ? Leur conception de ce que doit être leur interventionnisme en Afrique ? Que font les puissances étrangères en Afrique ? Comment agissent-elles pour améliorer la sécurité du continent ? Et leurs stratégies varient-elles d’un état à l’autre ?

Une émission préparée par Clémence Allezard.

Intervenants

Dr Amandine GNANGUENON

Dr Amandine GNANGUENON

Chercheur associée
Centre Michel de l’Hospital (Université de Clermont Ferrand)
Dr Maya KANDEL

Dr Maya KANDEL

Chercheur
Université Sorbonne nouvelle, Paris 3
Jean-Philippe Remy

Jean-Philippe Remy

Chef du bureau Afrique
Journal Le Monde

Partenariat