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Afghanistan, Libye, Sud Soudan : l’état de guerre permanent

Dans le cadre du forum « Guerre et politique » qui se tient cette semaine à la Gaîté lyrique, nos invités nous parlent de l’Afghanistan, du Sud Soudan et de la Libye. Comment sort-on d’un conflit endémique ? Quelle sortie de crise quand la guerre n’est plus l’exception mais la norme depuis 30 ans ?

Intervenants

Dr Amandine GNANGUENON

Dr Amandine GNANGUENON

Chercheur associée
Centre Michel de l’Hospital (Université de Clermont Ferrand)

L’Afghanistan mais aussi le Soudan, des pays qui vivent des conflits depuis des décennies et qui viennent gonfler chaque année les chiffres des victimes et des populations déplacées. Des pays ravagés économiquement, socialement: des pays où la guerre n’est plus l’exception mais la norme.

L’Afghanistan, pays qui, paradoxalement, n’est pourtant plus considéré comme un pays en guerre – ce qui complique d’ailleurs les demandes d’asile pour les candidats à l’exil qui finissent par croupir aux portes de l’Europe.

Autour du Soudan aussi, les réfugiés se comptent en millions depuis le début du conflit, et la porosité des frontières est telle que quand le conflit fait rage c’est aussi toute la région qui s’embrase. En témoigne bien sûr, par exemple, le chaos libyen voisin.

Nous allons donc ce matin revenir aux sources de ces conflits mais aussi, peut-être, essayer de voir s’il existe des manières d’en sortir. Cela passera par une analyse des rôles des puissances étrangères, dont le rôle a été souvent crucial.

Alors, comment sort-on d’un conflit endémique ? D’un « état de guerre permanent » ? Pourquoi, par qui, ces conflits ont-ils été pérennisés ? Quel rôle pour les acteurs internationaux, l’ONU en tête ? Quelle approche privilégier ? Comment renforcer les capacités et les rôles des acteurs locaux ? Leaders tribaux, commandant rebelle, souvent très influents mais exclus de tout pourparlers de paix ? Comment consolider la paix quand la guerre a jusque-là déstructuré – et même structuré – l’ensemble de la société, de l’économie, et de la politique ?

Une émission préparée par Clémence Allezard.

Violence paramilitaire en Colombie. Lorsque l’État reste au centre du jeu

Entre le début des années 1980 et le milieu des années 2000, des groupes paramilitaires ont développé leur emprise sur de larges pans du territoire colombien. Apparus à la confluence de la criminalité et de la contre-insurrection, ils ont entretenu des liens forts avec les milieux de la politique et de l’économie, légale comme illégale. Une analyse approfondie montre que la multiplication des violences n’aboutit pas à une mise hors-jeu de l’État, mais plutôt à la réaffirmation de sa centralité.
CC. US Army Africa

Pourquoi les efforts de l’Occident en matière de contre-terrorisme en Afrique sont-ils infructueux ?

En dépit des efforts de diverses puissances occidentales pour endiguer le fléau du terrorisme en Afrique, ceux-ci ont échoué. Pas moins de 22 pays africains sont directement touchés par le terrorisme. Pourquoi ? Parce que les pays occidentaux considèrent les Etats africains comme une version sous-développée de la leur. Ils ignorent tout de la nature rapace et prédatrice de l'Etat africain et du rapport tendu qu'il entretient avec son peuple. De plus, les dirigeants africains doivent faire face à un ennemi qui est à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de l'Etat. Les Etats occidentaux cherchent à renforcer les capacités de l'Etat plutôt qu’à limiter sa nature prédatrice et en faisant cela, ils alimentent le problème.

La recomposition des migrations internes suite à la crise malienne

Depuis 2012, le Mali traverse une crise profonde suite à la conjonction de causes multiples. Ces facteurs de crise ont entraîné une massification des flux migratoires internes et externes. À travers l’exemple des personnes déplacées internes (PDI). Il consistera à mettre en lumière la rupture qu’a engendrée le conflit sur les flux migratoires internes. Les stratégies de survie adoptées par les PDI pour répondre à cette situation sécuritaire complexe dénotent une résilience importante des populations victimes de ce conflit.

Rojava : une lueur d’espoir pour l’égalité des genres

En mars 2017, le conflit syrien entrera dans sa 7ème année alors que les négociations d'Astana en cours ont une issue incertaine. Le bilan de la guerre en Syrie ne cesse de s’aggraver au regard de l'usage de violence contre les civils mais aussi par l'ampleur des destructions. Pour autant aumilieu de cette tragédie humaine et dans une impasse politique notoire, en Syrie du Nord, un espace s’est créé pour l’établissement d’un système politique fondé sur l’égalité des genres, la démocratie radicale et l’écologie. Les Kurdes et d’autres groupes minoritaires ont proclamé une entité fédérale politique indépendante pour le Rojava, qui s’engage pour l’émancipation et l’égalité des genres.

La Centrafrique, un tremplin politique pour les militaires gabonais

En dépit de la faible taille de son armée, de son territoire et de sa population, le Gabon mise sur sa diplomatie de défense pour s’imposer dans le jeu d’influence géopolitique régionale.
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Servir l’Etat ou rester chez soi ? Le haut-fonctionnaire, le milicien et la guerre.

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« Nation guerrière » ou « gardien de la paix », les dilemmes du Canada

L’identité canadienne est l’objet d’âpres débats idéologiques et politiques portant sur les guerres de son passé et de son présent.

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Dr Barnett R. RUBIN

Dr Barnett R. RUBIN

Senior Fellow et Associate Director du programme régional Afghanistan Pakistan
Center on International Cooperation (Université de New York)
Jérôme Tubiana

Jérôme Tubiana

Chercheur (spécialiste du Soudan, Sud Soudan et du Tchad)

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